Mais au fait… qu’est-ce que la « pédagogie » ?

Il faudrait « faire preuve de pédagogie », « être un bon pédagogue », « adopter telle ou telle pédagogie » : mais, dans le fond, qu’est-ce que la pédagogie ?

C’est en lisant les premiers chapitres de la Critique de la Raison pédagogique,[1] que nous allons explorer ce qu’est, réellement, la pédagogie.

Antoine de La Garanderie, l’auteur et fondateur de la gestion mentale, constate que l’on appréhende rarement la pédagogie en tant que telle. Généralement, la pédagogie est définie en particulier : telle pédagogie pour enseigner telle discipline scolaire, la pédagogie Montessori, les pédagogies « traditionnelles » ou au contraire « nouvelles », ou encore « actives ». Dès lors, la pédagogie s’entend comme l’une des manières de présenter un savoir particulier. Toutes ces pédagogies apportent leur pierre à l’édifice… mais ne permettent pas de définir ce qu’est intrinsèquement la pédagogie.

Or, à y regarder de plus près, la pédagogie est en fait relation : relation entre trois entités, nous explique Antoine de La Garanderie. Elle fait intervenir :

  • un savoir, c’est-à-dire le contenu d’un apprentissage, un objet d’étude, une discipline scolaire par exemple ;
  • un enseignant, la personne en charge de délivrer ce savoir ;
  • un élève, la personne en position d’acquérir ce savoir.

En ce sens, la pédagogie est « la communication du savoir de quelqu’un qui le possède à quelqu’un qui ne l’a pas »[2]. Ces trois paramètres ont autant d’importance : la présentation de l’objet d’apprentissage ou le savoir-faire de l’enseignant ne sont pas suffisants pour définir la pédagogie : il manque la participation de l’apprenant.

Reste à savoir comment s’établit cette communication, comment s’articulent ces trois éléments pour que la pédagogie porte ses fruits.

A ce sujet, si le contenu de l’objet à apprendre et le savoir-faire de l’enseignant ont été régulièrement étudiés par les pédagogues, la gestion mentale a mis en lumière le rôle clé de l’apprenant au sein de la pédagogie. En effet, la gestion mentale ne s’intéresse pas seulement à l’objet à apprendre, ou à la manière dont on l’expose, elle s’attache aussi à définir comment l’élève doit gérer mentalement cet objet pour l’acquérir.

Elle démontre dès lors que ce n’est pas parce qu’une leçon est bien présentée, bien expliquée par un professeur passionnant et expérimenté qu’elle sera sue et comprise par l’élève : il faut que ce dernier s’active, la fasse sienne, l’intègre pleinement, « la mette dans sa tête ».

L’élève doit être acteur pour apprendre, pour que la pédagogie soit réellement efficace.

Etre acteur… c’est-à-dire mener à bien les cinq gestes mentaux nécessaires à l’apprentissage : être attentif, mémoriser, comprendre, réfléchir, imaginer.

Qu’est-ce que la pédagogie ? En fin de compte, il s’agit de rendre l’élève acteur de ses apprentissages pour que cette rencontre entre le savoir – l’enseignant – l’élève puisse bien avoir lieu.

[1] DE LA GARANDERIE Antoine, Critique de la raison pédagogique, dans Pour une pédagogie de l’intelligence, Bayard, 2017

[2] Idem

 

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